3 raisons de commencer par la prononciation

Par où commencer quand on apprend une langue par soi-même ? Il y a tellement à savoir, qu’on peut vite se retrouver tétanisé par les choix qui s’offrent à nous. À mon avis, commencer par la prononciation est la meilleure stratégie que vous puissiez adopter.

C’est le choix que j’ai fait lorsque j’ai démarré l’allemand, et j’en ai tiré que des bénéfices ! Surtout en comparaison avec l’anglais, dont j’ai appris la prononciation à postériori. Voici 3 raisons de démarrer par la prononciation.

Raison 1 : la prononciation est difficile à corriger

Les langues étrangères sont une discipline vraiment particulière. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’apprendre des mots ou des règles de grammaire par cœur, comme on le ferait avec des faits historiques. Non, les langues sont plus proches d’un sport ou d’un instrument de musique. Pour atteindre un bon niveau, il faut surtout intégrer des automatismes et réflexes. La langue doit faire partie de nous jusque dans nos fibres.

Dès lors, on comprend vite pourquoi la prononciation est si difficile à corriger, une fois de mauvaises habitudes prises. La prononciation incorrecte est gravée dans nos synapses, et on ne l’oublie jamais complètement. Elle ressort alors soudainement au détour d’une conversation, malgré tous nos efforts pour l’effacer.

Commencer dès le début avec une bonne base, c’est s’épargner un travail énorme de correction plus tard.

Raison 2 : faciliter votre apprentissage

Une bonne maîtrise de la prononciation, à part de pouvoir vous faire embaucher comme espion par le gouvernement, a des avantages très concrets dans votre apprentissage de la langue.

En effet, lorsqu’on connaît la façon dont peuvent s’écrire les différents sons de la langue, il y a une synergie entre l’orthographe et la prononciation qui facilite la mémorisation de nouveaux mots.

D’autre part, on peut également retrouver plus facilement un mot que l’on entend lorsqu’on n’a pas la transcription d’une conversation. Puisque l’on peut déduire les orthographes possibles de ce qu’on entend. Malheureusement, ça marche moins bien pour l’anglais, qui a une écriture particulièrement non-phonétique.

Bien entendu, être familier avec les sons de la langue aide aussi à la compréhension orale.

Raison 3 : faciliter les conversations avec les locuteurs natifs

Rien de plus frustrant que d’essayer de communiquer avec des natifs et de finir par utiliser une langue des signes improvisée, car ils ne comprennent rien à ce qu’on dit.

Malheureusement, tout le monde n’est pas habitué à l’accent français. Et si un léger accent peut être considéré comme charmant à l’étranger, on tombe vite dans l’ambiguïté quand notre prononciation change le sens des mots. C’est parfois très embarrassant, comme avec cette erreur courante pour un francophone : prononcer sheet (drap) comme shit (merde) en anglais. Ou pire, devoir répéter 10 fois le même mot sans succès, en voyant l’expression d’incompréhension de votre interlocuteur se métamorphoser en frustration.

Par ailleurs, si l’opinion des natifs sur les Français est souvent positive, on n’a pas toujours envie de trainer les stéréotypes franchouillards avec nous. Avoir un accent d’étranger certes, mais neutre, permet de démarrer une conversation sur des bases libres de toutes attentes et stéréotypes.

Et si j’ai déjà commencé à apprendre une langue ?

Rien n’est perdu ! Suivant les habitudes que vous avez prises, corriger votre prononciation sera plus ou moins long, mais c’est possible. Ce fut mon cas pour l’anglais. Malgré mon accent frenchie à couper à couteau, j’ai réussi à atteindre un niveau correct après quelques semaines de travail. Nous verrons comment faire dans un futur article.

Apprendre une langue avec YouTube

Un piège dans lequel on tombe facilement lorsqu’on apprend une langue, est de se cantonner au matériel pour débutant. Le problème est que c’est souvent peu intéressant. Pour vraiment maîtriser une nouvelle langue, il faut qu’elle fasse partie de notre quotidien. Sortez-la des manuels ! Pour cela, vous avez besoin de ressources intéressantes à destination des natifs.

La plateforme de streaming vidéo YouTube est une excellente source de contenu gratuit. Vous y trouverez des vidéos faites par et pour les locuteurs natifs, et donc avec un vocabulaire familier. Par ailleurs, YouTube regorge de vidéos d’enseignants expliquant des points de grammaire ou de prononciation.

Chez moi, YouTube a complètement remplacé la TV. Je me relaxe tout en pratiquant la langue grâce aux nombreuses chaînes de divertissement. Et en ciblant des vidéos sur des sujets qui me passionnent, j’apprends naturellement du vocabulaire pertinent à réutiliser dans mes conversations.

Comment trouver des vidéos intéressantes ?

Il y a littéralement plusieurs milliards de vidéos hébergées sur YouTube, de quoi donner le vertige ! Voici quelques idées pour vous aider à démarrer :

  • critiques de livres, films…
  • tutoriels de cuisine, bricolage…
  • clips de musique
  • entraînements sportif
  • sketchs et comédie
  • explications de grammaire ou prononciation
  • vulgarisation scientifique ou artistique
  • documentaires
  • let’s play (jeu vidéo commenté)
  • vlogs (sorte de journal intime en vidéo, peu intéressant au premier abord, mais en fait excellent pour découvrir un registre familier)

Avant tout, je vous conseille de créer un compte. Cela vous permettra de sauvegarder les vidéos à revoir et recevoir des suggestions de vidéos pertinentes. Pour créer un compte, cliquez sur « Se connecter » en haut à droite. Si vous avez une adresse Gmail, vous pouvez vous connecter directement avec.

Après vous être familiarisé un peu avec l’interface en français, configurez celle-ci dans la langue que vous apprenez. C’est essentiel pour que YouTube vous propose des vidéos dans la langue dans les résultats de recherche. Pour changer la langue, appuyez sur l’icône de votre compte tout en haut à droite, puis sur « Langue ».

Dans cet article, je vais décrire des actions à faire dans l’interface. Le design évoluant constamment, il se peut que certaines explications soient obsolètes. Ne paniquez pas ! La fonctionnalité a peut-être changé légèrement de présentation, mais elle est toujours là. Cherchez un peu et n’hésitez pas à tester par vous-même, vous n’allez rien casser.

Rechercher des vidéos sur YouTube

On va s’intéresser à trois types de contenu disponibles sur la plateforme :

  • les vidéos
  • les playlists, des listes de vidéos sur un sujet donné
  • les chaînes, qui publient des vidéos et auxquelles vous pouvez vous abonner pour recevoir leurs nouvelles vidéos

Pour rechercher parmi le catalogue YouTube, utilisez la barre de recherche en haut, à côté du logo. Entrez le sujet traduit dans la langue que vous apprenez pour trouver des vidéos dans celle-ci. Par exemple, si je veux des vidéos sur les écureuils en allemand, je vais taper Eichhörnchen.

Par défaut, YouTube affichera seulement les vidéos correspondant à votre recherche. Mais vous pouvez aussi chercher des playlists ou des chaînes en utilisant les filtres, en haut à gauche. Malheureusement, YouTube ne mémorise pas vos filtres, alors il faut les sélectionner après chaque nouvelle recherche.

Grâce aux filtres, vous pouvez aussi choisir de chercher uniquement les vidéos qui ont des sous-titres. Cette fonctionnalité est très utile si votre niveau n’est pas suffisant pour comprendre à l’oral.

N’hésitez pas à vous abonner aux chaînes qui publient des vidéos qui vous intéressent, pour recevoir automatiquement dans l’onglet « Abonnements » leurs prochaines vidéos.

La playlist « À regarder plus tard »

Tel un écureuil, récoltez vos petites vidéos pour les longues soirées d’hiver.

Je vous conseille de ne pas chercher des vidéos au moment où vous voulez en regarder une. Prenez plutôt un quart d’heure de temps en temps pour récolter une douzaine de vidéos intéressantes à regarder plus tard. En effet, il est bien plus facile de se motiver à regarder une vidéo quand on en a déjà quelques-unes sous la main.

YouTube a pensé à nous en ajoutant justement cette fonctionnalité, avec la playlist privée « À regarder plus tard » (appelée « Watch later » en anglais). Pour ajouter une vidéo à cette playlist, survolez la vignette avec votre souris, puis cliquez sur le bouton en forme d’horloge qui apparaît.

Pour consulter vos vidéos amoureusement sélectionnées, cliquez sur le bouton à gauche du logo de YouTube, puis sur « À regarder plus tard » – qui sera traduit dans la langue que vous avez choisi. L’icône d’horloge vous permettra de l’identifier.

Les recommandations et l’onglet « Tendances »

Lorsque vous n’avez plus d’idées à chercher, YouTube a quelques suggestions pour vous.

L’onglet « Tendances », accessible depuis le menu latéral gauche, contient les vidéos les plus populaires dans la langue choisie. Il va falloir y faire le tri, car c’est rempli de vidéos qui « buzzent » peu intéressantes. Mais parfois, on tombe sur des pépites qui nous permettent de découvrir de nouvelles chaînes de qualité. C’est aussi un bon moyen de se tenir au courant des sujets d’actualité du pays, qui ont tendance à faire surface dans cet onglet.

Lorsque vous êtes connectés, la page d’accueil de YouTube affiche des suggestions de vidéos. La pertinence de ces recommandations augmente au fur et à mesure de votre utilisation de YouTube, alors n’hésitez pas à « aimer » les vidéos qui vous plaisent et à vous abonner à leurs chaînes.

Comment tirer partie du lecteur de vidéo YouTube ?

Vous avez rempli votre playlist « À regarder plus tard » d’une douzaine de vidéos passionnantes ? Maintenant, place à l’action ! Faites chauffer le pop-corn et lancez la première vidéo.

Le lecteur de vidéo possède plusieurs fonctions très utiles pour apprendre une langue.

Contrôle de la vitesse de lecture

Si jamais la vidéo est trop rapide et vous ne comprenez rien, ou que vous souhaitez analyser la prononciation d’une phrase, vous pouvez ralentir la vitesse de la vidéo. Pour cela, cliquez sur la roue en bas à droite, puis sur « Vitesse ».

Affichage des sous-titres

Certaines vidéos contiennent des sous-titres. C’est du pain béni quand vous ne comprenez pas bien à l’oral ! Vous pouvez choisir la langue des sous-titres depuis les paramètres de la vidéo, à côté de la vitesse de lecture.

Parfois, les sous-titres seront indiqués comme « (générés automatiquement) » dans les paramètres. Cela veut dire qu’un algorithme a été utilisé pour retranscrire la vidéo, et le sens est malheureusement souvent mauvais. Je vous conseille de ne pas les utiliser.

Pour aller plus loin, ouvrez la transcription complète en cliquant sur les points de suspension sous la vidéo. Vous pouvez alors copier facilement les sous-titres, et réécouter un passage en cliquant sur les phrases.

Raccourcis clavier et gestes

L’interface possède quelques raccourcis utiles quand vous voulez répéter un passage plusieurs fois.

Sur ordinateur, utilisez les flèches du clavier gauche et droite pour vous déplacer de quelques secondes dans la vidéo. La touche espace permet de mettre en pause la vidéo, et la touche « C » bascule les sous-titres. Si jamais les raccourcis claviers ne fonctionnent pas, cliquez sur la vidéo puis essayez de nouveau.

Sur mobile, un double-tap sur les bords de la vidéo permet également de vous déplacer dans la lecture.

Un apprentissage actif avec YouTube

En utilisant quotidiennement YouTube, vous allez rapidement faire des progrès en compréhension orale et augmenter votre vocabulaire. Mais YouTube vous permet aussi d’entraîner la parole et l’écriture.

Écrivez des commentaires sous les vidéos

Laisser un commentaire est un excellent moyen de pratiquer votre écriture, sur des sujets intéressants de surcroît. Lorsqu’une vidéo vous interpelle, donnez votre opinion et échangez avec les autres participants.

Enregistrez des vidéos

Vous pouvez publier vous-même des vidéos sur YouTube, pour documenter votre progression dans la langue en parlant régulièrement devant la caméra. Constater vos progrès en revenant sur vos anciennes vidéos vous donnera une motivation supplémentaire. Si vous ne souhaitez pas vous exposer sur Internet, vous pouvez choisir de garder vos vidéos privées sur YouTube.

Avez-vous besoin de l’alphabet phonétique international (API) ?

Vos oreilles vous mentent. Vous ne me croyez pas ? Alors écoutez cet enregistrement du mot « Natur » en allemand, puis notez ce que vous entendez.

Vous avez entendu « natoure » ou bien « natouwe » ? Bravo, vous êtes un francophone à priori normalement constitué ! Pourtant, Natur est prononcé « natouha », avec un petit « a » de ch’ti à la fin. Si si, réécoutez.

Un autre exemple rageant ? Écoutez la prononciation de love en anglais.

Comparez maintenant avec la prononciation de cove.

Non, pas besoin de signes néons pour communiquer ! On va plutôt améliorer votre accent.

Une seule lettre qui change, et pourtant la prononciation est totalement différente ! Mais alors, on ne peut se fier ni à nos oreilles, ni à l’écriture ? Faut pas s’étonner que notre accent frenchie soit si mauvais…

Heureusement, il existe un outil pour connaître la prononciation d’un mot, sans se fier uniquement à l’enregistrement ou à l’écriture : l’alphabet phonétique international (API). Cet alphabet est utilisé pour retranscrire les sons de la plupart des langues. Grâce à l’API, vous voyez le petit « a » à la fin de Natur : /naˈtuːɐ/. Vous pouvez aussi remarquer que le « o » de love /lʌv/ et cove /kv/ sont prononcés différemment.

Pourquoi l’API va améliorer votre prononciation ?

Vous ne pouvez pas faire confiance à vos oreilles

Comme nous l’avons vu avec Natur, on ne peut pas se fier uniquement à ce que l’on entend pour connaître la prononciation d’un mot. En effet, la perception de la parole n’est pas seulement auditive, mais multisensorielle.

Lorsque nous écoutons une conversation, une petite gymnastique cérébrale s’opère pour déterminer le sens de chaque mot. Notre cerveau pioche ainsi dans :

  • ce que l’on entend, sans déc’
  • ce que l’on voit, telles que les lèvres de l’interlocuteur,
  • notre mémoire des sons les plus probables dans la langue

C’est brillant ! Car ça nous permet de comprendre même si l’on a mal entendu, ou si l’on est dans un lieu bruyant.

L’effet McGurk est une autre manifestation étonnante du fonctionnement de notre cerveau. Suivant le mouvement des lèvres de notre interlocuteur, nous percevons des sons différents pour un même enregistrement. Vous pouvez en faire l’expérience dans cette vidéo (avec sous-titres en français).

L’écriture de la langue n’est pas phonétique

Comme si avoir un cerveau zélé ne suffisait pas, la plupart des langues ont une écriture non-phonétique. C’est-à-dire avec des lettres prononcées différemment suivant le mot dans lequel elles se trouvent. Cela implique que pour chaque mot vous devez mémoriser l’orthographe, mais aussi la prononciation.

L’anglais a une écriture particulièrement non-phonétique, c’est pourquoi avoir un bon accent est difficile. Par exemple, prenez ces trois mots : though, thought et tough. Ils sont très proches, et pourtant « ough » se prononce de trois façons différentes ! /oʊ/, /ɔ/ et /ʌf/. À l’inverse, certains mots ne se ressemblent pas du tout, mais ont une prononciation identique : ate / eight, flour / flower, hear / here

L’API n’est pas que pour les linguistes

L’API fut inventé en 1887 par une association de linguistes français et anglais. C’est un alphabet complexe, avec beaucoup de notions de phonétique. Heureusement, vous avez besoin d’en connaître qu’une infime couche pour en tirer un énorme avantage dans votre apprentissage.

Pour tout vous avouer, j’étais au début intimidé et plutôt découragé par l’API. L’alphabet m’avait l’air compliqué avec ses airs de langue extraterrestre remplie de symboles ésotériques. Mais si vous suivez ma méthode progressive, c’est en fait beaucoup plus simple que ça en a l’air.

L’API comporte 118 symboles, dont vous pouvez trouver la liste sur Wikipedia. C’est énorme ! Mais en pratique, vous aurez besoin d’apprendre qu’un petit nombre : ceux utilisés dans la langue que vous apprenez.

De plus, ayant été créé en France, l’API est basé sur un alphabet latin. Donc vous connaissez déjà beaucoup de lettres qui se prononcent comme en français (a, b, c, d, f, g, i…). Par conséquent, vous avez peu de nouveaux symboles à apprendre. Pour l’anglais, il y en a 12 : ʃ, ʒ, θ, ð, ŋ, æ, ə, ɪ, ɛ, ɔ, ʌ et ʊ.

Vous trouverez sur Wiktionary la liste des symboles utilisés dans certaines langues.

Comment utiliser l’API ?

Vous trouverez la transcription API d’un mot dans la plupart des dictionnaires en ligne. Généralement, elle se trouve proche du mot et est notée entre crochets ou barres obliques. La différence n’est pas importante pour un usage basique, mais les transcriptions entre crochets donnent plus de détails sur la prononciation de chaque son.

Attention pour l’anglais, il existe plusieurs dialectes différents avec une prononciation légèrement différente. Les dictionnaires peuvent afficher les transcriptions américaines (US / GA) et britanniques (UK / RP). Pour être cohérent, choisissez un dialecte de référence et n’apprenez que celui-ci. Personnellement, j’ai choisi l’Américain pour la quantité de films et séries produites aux États-Unis.

Les signes diacritiques en API

Une transcription contient parfois des signes diacritiques qui indiquent précisément comment chaque lettre est prononcée. Vous pouvez en général les ignorer et vous fier à l’enregistrement audio. Toutefois, certains sont utiles et apparaissent souvent :

  • « ˈ » marque l’emplacement de l’accent tonique, la syllabe que vous devez accentuer. Par exemple, pour le mot around /əˈɹaʊnd/, l’accent tonique se trouve sur « round ».
  • « ː » indique que la voyelle qui le précède est prononcée de manière « longue ». Par exemple, seat /siːt/.

Comment apprendre l’API ?

Quoi, vous avez déjà épinglé la liste des 118 lettres de l’API sur votre frigo ? Pas si vite ! Vous n’êtes pas obligé de les mémoriser toutes en même temps. Faites-le progressivement, au fur et à mesure que vous rencontrez chaque symbole.

À chaque fois que vous apprenez un nouveau mot, regardez sa transcription API et comparez-la avec un enregistrement audio, trouvé par exemple sur Forvo. Si vous ne reconnaissez pas certaines lettres, alors identifiez le son correspondant dans l’enregistrement.

Le son d’un symbole n’existe pas en français ? Alors c’est le moment de vous entraîner à le prononcer. Vous pouvez utiliser l’enregistrement audio comme guide, ou chercher un tutoriel sur YouTube s’il est trop difficile à prononcer. Tapez simplement le symbole API dans la recherche YouTube. Voici par exemple des explications sur une prononciation du « th » en anglais, dont la lettre API est ð.

Pour mémoriser encore plus vite l’alphabet, ajoutez la transcription API à vos mots dans votre logiciel de répétition espacée. Quèsaco ? Rendez-vous sur mon article pour savoir comment ne plus oublier votre vocabulaire.

Juste avec ces deux habitudes simples, vous allez mémoriser sans vous en rendre compte l’alphabet API de votre langue ! Il m’a fallu seulement deux semaines en suivant cette technique pour l’anglais.

Tous les enregistrements audio proviennent de Forvo sous licence CC BY-NC-SA 3.0.

Jouer aux jeux vidéo pour apprendre une langue

Pourquoi utiliser les jeux vidéo pour apprendre une langue ?

Je vante souvent les mérites de la lecture pour apprendre une langue, mais il faut reconnaître qu’on n’a pas tous la même affinité avec les livres. Certains détestent lire. Or, pratiquer des activités qu’on aime est essentiel pour garder la motivation sur le long terme. Les jeux vidéo sont une alternative plus ludique pour absorber une langue et son vocabulaire.

Si vous êtes déjà un amateur de jeux vidéo, bonne nouvelle ! Vous avez désormais une excuse pour passer vos nuits dessus sans (trop) culpabiliser.

Tous les jeux vidéo ne se valent pas

Tous les jeux ne sont pas égaux pour vous aider à apprendre une langue. L’intérêt est limité s’ils consistent seulement à atomiser des civilisations extra-terrestres ou a diriger une équipe de foot. Toutefois, si vous êtes déjà un joueur chevronné, passez tous vos jeux vidéo dans votre langue cible pour l’ancrer dans votre quotidien. Chaque petit pas aide.

Un bon jeu pour apprendre une langue sera composé de beaucoup de dialogues et de narration. Idéalement, le jeu sera doublé dans votre langue cible pour travailler l’écoute tout en jouant.

Au début, les jeux en solo vous permettent de pratiquer sans stress, à votre rythme. En effet, vous pouvez mettre le jeu en pause pour vérifier le vocabulaire que vous ne comprenez pas. Mais avec un niveau intermédiaire, les jeux multijoueurs deviennent très intéressant. Car en plus de pratiquer la langue via la narration, vous pouvez rencontrer des joueurs natifs et communiquer avec eux.

Les types de jeux vidéo utiles pour apprendre une langue

Jeux d’aventures

Les jeux d’aventures sont les rois en matière de contenu, car ils sont guidés par une narration et une histoire travaillées. Ils sont souvent remplis de dialogues interactifs qui vous demanderont de comprendre les questions pour avancer dans le jeu.

Quelques exemples de jeux d’aventures disponibles en plusieurs langues : Monkey Island, The Day of The Tentacle, Sam & Max, 1112, etc.

De plus, le sous-genre action-aventures offre également d’excellents jeux généralement plus moderne, tel que GTA.

Jeux de rôle

Tout comme les jeux d’aventures, les jeux de rôle possèdent en général une histoire travaillée, et sont remplis de dialogues. Puisque le jeu est centré autour du développement de votre personnage, c’est un genre de prédilection pour le jeu multijoueur en ligne.

Essayez par exemple The Elder Scrolls Online ou World of Warcraft.

Un sous-genre que j’affectionne particulièrement est le MUD. Ce sont des jeux multijoueurs entièrement en texte, un peu comme les « livres dont vous êtes le héro ». Vous évoluez dans un univers entièrement décrit ce qui est excellent pour entraîner la langue. Vous pouvez trouver une sélection de MUD gratuits sur The Mud Connector.

Jeux de simulation de vie

Voici un genre un peu plus confidentiel dont fait partie Les Sims. En général le contenu texte et audio est assez faible, mais ils peuvent être excellent pour découvrir le vocabulaire de la vie courante.

Let’s play

Vous avez trouvé quelques jeux qui vous plaisent ? Vous avez investi dans un siège confortable de gamer, avec toilettes et frigo intégrés pour pouvoir jouer sans interruption ? Parfait ! Saisissez-vous d’un dictionnaire électronique (n’importe quel portable fera l’affaire) pour consulter le vocabulaire que vous ne comprenez pas, et lancez un jeu.

N’oubliez pas que la répétition est cruciale quand on apprend une langue, alors quand vous avez fini un jeu, ou une mission, n’hésitez pas à les refaire. Chaque répétition vous permettra de mémoriser un peu plus le vocabulaire, et de mieux saisir le sens des phrases.

Pourquoi vous ne comprenez pas à l’oral ?

L’écoute est sans doute l’aptitude la plus importante à développer quand vous apprenez une langue étrangère. C’est simple, si vous ne comprenez pas votre interlocuteur, aucune conversation n’est possible.

Ironiquement, on se focalise souvent sur la capacité à parler, graal ultime des langues étrangères. Ainsi, en cours de langues, on nous demande très tôt de produire des phrases, avant même de pouvoir comprendre un dialogue.

Pourtant, avoir une bonne compréhension orale est un excellent levier pour développer sa parole. En effet, après avoir passé des centaines d’heures à pratiquer l’écoute de contenu natif, les expressions et phrases correctes nous viennent plus instinctivement. C’est pourquoi il est important de travailler son écoute.

Voyons ensemble quatre raisons principales qui expliquent pourquoi vous ne comprenez pas à l’oral.

Vous manquez de vocabulaire

C’est évident, mais on ne peut pas comprendre ce qu’on ne connaît pas. Avant d’espérer pouvoir comprendre une phrase à l’oral, visez au moins 80 % de mots connus.

C'est pas pour chercher midi à quatorze heures, mais il y a de quoi s'arracher les cheveux avec toutes ces expressions.
C’est pas pour chercher midi à quatorze heures, mais il y a de quoi s’arracher les cheveux avec toutes ces expressions.

Mais le vocabulaire, ce n’est pas seulement des mots. Si vous connaissez tous les mots d’une phrase, mais que vous ne comprenez toujours pas le sens, une expression s’y cache sans doute. Utilisez votre logiciel de répétition espacée pour mémoriser aussi bien des mots que des expressions.

 

Enfin, si pour construire votre vocabulaire vous n’avez utilisé que des méthodes de langues et manuels scolaires, c’est probable que vous ne compreniez presque rien à une phrase tirée d’une vraie conversation. Souvent, les manuels contiennent du vocabulaire daté ou inutile dans la vie courante. Par exemple, avez-vous vraiment besoin de savoir comment dire « lion » ou « zèbre » ? Même les fruits et légumes ont peu d’intérêt dans une vraie conversation.

Le meilleur moyen d’acquérir du vocabulaire utile est simplement de le cueillir au contact de vrai contenu qui vous intéresse, que vous pourrez ensuite utiliser dans une conversation.

Vous ne reconnaissez pas les mots

Rien de plus frustrant que de connaître tous les mots d’une phrase, mais de ne pas les avoir reconnu !

Le problème est que les mots dans une vraie conversation sont rarement prononcés de la façon parfaite, sortie du dictionnaire. En effet, à l’oral, on n’articule pas et les mots subissent des transformations, telles que :

  • des réductions, lorsqu’ils sont prononcés plus rapidement et simplement – p. ex. « pourquoi » prononcé « p’quoi »
  • des assimilations, lorsque plusieurs mots voisins fusionnent jusqu’à être méconnaissables – p. ex. « je ne sais pas » prononcé « ch’ai pas » ou en anglais « I want to » en « I wanna »

Pour pouvoir reconnaître ces mots, vous devez donc étudier la prononciation naturelle de la langue. YouTube regorge de vidéos explicatives gratuites sur la prononciation de diverses langues. Pour l’anglais, cherchez les termes « connected speech » et « reductions ».

Mais le meilleur moyen d’étudier la prononciation est d’analyser les passages que vous n’avez pas compris. Si possible, ralentissez la vitesse de lecture et écoutez attentivement la manière dont les groupes de mots sont prononcés. Relevez notamment :

  • la prononciation d’un mot, subit-il une réduction ou une assimilation ?
  • l’intonation de la phrase
  • la position du stress

N’hésitez pas à vous créer un petit carnet où vous noterez vos observations sur la prononciation.

Les natifs parlent trop vite

Crevons l’abcès : les natifs ne parlent jamais trop vite, c’est vous qui êtes trop lents.

Les natifs ne vous attendrons pas, alors musclez votre jeu !
Les natifs ne vous attendront pas, alors musclez votre jeu !

En effet, en tant que débutant, on fait un effort conscient pour reconnaître les mots et le sens de chaque phrase. Mais notre pensée consciente est beaucoup trop lente pour un débit de paroles normal. L’objectif est donc d’être capable de comprendre inconsciemment ce qu’on entend. C’est ce qu’on fait avec notre langue maternelle, où l’on « saisi » le sens sans réfléchir.

Pour reprendre les termes du livre « Thinking, Fast and Slow » de Daniel Kahneman, le but est de faire passer la compréhension orale du Système 2 (analytique) au Système 1 (automatique).

La solution est simple, mais demande de la rigueur : il faut écouter des centaines de fois un mot ou une structure de phrase en contexte pour les comprendre automatiquement. Alors ne jetez plus le matériel que vous n’avez écouté qu’une ou deux fois, répétez-les jusqu’à ce qu’ils vous sortent par les oreilles. Écouter une seule fois est une perte de temps.

Vous essayez de tout comprendre

Avec notre casquette d’étudiant, on cherche à comprendre chaque mot d’un dialogue. Mais cette attitude est contre-productive. En effet, même dans notre propre langue, on n’entend pas tous les mots. Notre cerveau complète automatiquement les trous pour donner du sens à une phrase. C’est d’ailleurs pourquoi il est difficile de retranscrire une conversation fidèlement après une seule écoute.

Pour lutter contre ça, détendez-vous. Laissez-vous le temps de comprendre, en ne vous arrêtant pas sur le premier mot que vous ne comprenez pas. Le contexte vous aidera certainement à déduire le sens de la phrase. Vous vous surprendrez alors peut-être à comprendre beaucoup plus que vous ne le pensiez.

Ne perdez pas de vue que l’objectif n’est pas de comprendre chaque mot, mais le message véhiculé par une phrase.

Fabriquez votre boîte de cartes à réviser (système Leitner)

Qu’est-ce que le système Leitner ?

Le système Leitner est une méthode permettant de planifier facilement vos révisions de vocabulaire, grammaire ou toute autre activité que vous souhaitez répéter plusieurs fois.

Il se présente sous la forme d’une boîte contenant des fiches avec le matériel à réviser. Loin d’être limité à l’apprentissage des langues, vous pouvez utiliser la boîte de Leitner pour mémoriser un tas d’information. Par exemple, un trombinoscope, les capitales de pays ou encore les races de poules de collection…

C’est dans les années 70, alors qu’il était sans doute sur la pelouse de Woodstock a essayer de séduire une Argentine[réf. nécessaire] que le germanophone Sebastian Leitner se fit la réflexion « Rah, si seulement je n’étais pas aussi nul en espagnol… ». Il inventa alors la boîte de Leitner, qui est une simple implémentation du concept de répétition espacée.

La répétition espacée est une technique de planification de révisions qui permet de réviser de moins en moins souvent ce que vous connaissez bien, tout en rafraîchissant ce que vous avez oublié. Il existe également des applications qui implémentent la répétition espacée, telles que Anki et Memrise. Mais aujourd’hui, on va succomber à notre fièvre DIY et fabriquer notre propre boîte utilisable dans le monde réel !

Pourquoi utiliser une boîte de Leitner ?

Les lecteurs assidus auront relevé ma critique du système Leitner dans mon article sur la mémorisation du vocabulaire. N’ayant pas peur de la contradiction, je vous propose un tuto beaut bricolage pour faire votre boîte de révisions.

Ma critique portait sur l’utilisation la plus courante de la boîte de Leitner, qui est la révision de vocabulaire. Le problème est qu’il est impossible d’utiliser de l’audio pour réviser aussi la prononciation, ce qui est essentiel pour apprendre correctement un mot. En effet, la boîte ne contient que des cartes en papier. Or, n’étant pas encore en 2042, où l’on pourra enfin incorporer du son dans des bouts de papi… Oh, ça existe déjà ? Au temps pour moi.

Toutefois, la boîte de Leitner est très utile pour toutes les activités de révision qui n’ont pas besoin d’un retour sonore immédiat. Elle a l’avantage de nous sortir des écrans et d’être simple à mettre en place.

Voyons deux exemples concrets d’activités pour les langues que vous pouvez réviser avec une boîte de Leitner. Je vous conseille de faire une boîte par type d’activité.

Grammaire et structures de phrase

Vous pouvez créer des cartes pour réviser des structures grammaticales ou de phrase. Le recto de la carte contenant la règle de base, et le verso des phrases d’exemple.

Chaque matin, emmenez les cartes à réviser avec vous. Puis, dès que vous avez un instant, entraînez-vous à pratiquer la structure ou le point de grammaire en inventant de nouvelles phrases. En fin de journée, replanifiez la révision suivante de chaque carte en fonction de votre réussite grâce à la boîte Leitner.

Revisionnage de vidéos, audios ou lectures

La répétition est clé dans l’apprentissage d’une langue étrangère. Chaque revisionnage vous permet de vous approprier un peu plus le contenu, d’améliorer votre écoute, et de remarquer de nouveaux mots. Étudier une ressource sans la revisionner est une perte de temps, car vous allez oublier la majeure partie de ce que vous avez analysé.

En créant une nouvelle carte pour chaque ressource que vous étudiez pour la première fois, vous planifiez ainsi les revues à pratiquer chaque jour sans effort.

Fabriquez votre boîte de Leitner et les cartes à réviser

Matériels nécessaires

Direction votre magasin de fournitures préféré, ou Amazon si vous êtes feignant. Vous aurez besoin de :

Faites bien attention aux dimensions de la boîte pour pouvoir stocker vos fiches. Une taille de carte standard et pratique est 3×5″, soit 76×127 cm.

Cette sélection s’adresse avant tout à ceux qui veulent une boîte nickel qui ne dépareillera pas avec leur mobilier IKEA MALM couleur wengé. Mais vous pouvez aussi recycler une vieille boîte de Stan Smith et découper vos cartes vous-même avec une paire de ciseaux. Voir même utiliser des tupperwares, ou… un moule à muffins ? La limite, c’est le ciel.

Si vos révisions vous sortent par le nez, vous pouvez toujours les enfourner à 300°C.
Si vos révisions vous sortent par le nez, vous pouvez toujours les enfourner à 300 °C. (Source)

Préparation de la boîte

Place à l’action, la partie DIY ! Avez-vous vous aussi des papillons dans le ventre à l’idée de fabriquer un truc de vos propres mains, comme nos grands-parents ?

Faire une boîte de Leitner est assez simple, mais assurez-vous de mettre les cartes dans le bon sens.
Faire une boîte de Leitner est assez simple, mais assurez-vous de mettre les cartes dans le bon sens.

Si vous avez acheté une boîte et des intercalaires, prenez sept intercalaires et numérotez-les de 1 à 7. Prenez un huitième intercalaire que vous appellerez « Nouveau ». Ensuite, mettez-les à l’intérieur de la boîte. Voilà, que c’est agréable de laisser parler notre créativité et fabriquer un objet à partir de deux matières premières brutes !

 

Pour les plus courageux qui ont opté pour des matériaux originaux, il vous faut arranger tout ça en 8 « conteneurs » pour cartes, numérotés de 1 à 7 puis « Nouveau ».

Personnalisation de la boîte

Nous allons maintenant invoquer la partie la plus déjantée de votre âme. Celle qui voulait faire les beaux-arts plutôt que de poursuivre votre CAP comptabilité. Vous allez personnaliser votre boîte ! C’est optionnel, mais une boîte moins austère vous motivera peut-être à réviser tous les jours.

Dressez votre boîte aux couleurs de la langue pour vous immerger un peu plus dans la culture.

Alors imprimez de belles images ayant un rapport avec votre langue, puis couvrez votre boîte d’un collage mosaïque. Si vous étudiez le russe, collez peut-être un motif de tapis sur les bords de votre boîte. Une petite guirlande LED qui s’illumine à l’ouverture sera aussi du plus bel effet. En guise de touche finale, suspendez un sapin désodorisant à l’intérieur de la boîte pour vous plonger dans une atmosphère studieuse. Là encore, votre imagination est la limite. Au travail, je veux que #leitner soit en tendance sur Pinterest !

Création des cartes à réviser

Voyons maintenant comment créer vos cartes. Le format dépend du type d’activité, mais n’hésitez pas à expérimenter pour savoir ce qui est le plus efficace pour vous.

Grammaire et structures de phrase

Mettez simplement au recto la règle ou la structure de phrase. Quant au verso, il contiendra des phrases d’exemple, cas particuliers et autres explications utiles.

Audio, vidéo ou lectures à revoir

Un simple nom pour identifier la ressource au recto suffit. Par exemple, « Friends, sais. 2 ép. 3, 9m20 » ou encore « Harry Potter 3, p. 45 ». Vous pouvez aussi ajouter au verso des remarques sur le contenu et votre analyse des points délicats.

Vocabulaire

Je vous conseille de ne pas utiliser la boîte de Leitner pour le vocabulaire, car on ne peut pas avoir d’enregistrements de prononciation. Utilisez plutôt un logiciel de répétition espacée. Si vous souhaitez quand même pratiquer votre vocabulaire avec votre boîte, voici deux exemples de cartes possibles :

  • compréhension : le recto avec le mot seul, le verso contient la traduction et quelques phrases d’exemples
  • production : le recto avec une phrase d’exemple « à trou » ainsi que la traduction, le verso contient le mot et des phrases d’exemples.

Profitez du médium papier pour dessiner quelques moyens mnémotechniques sur vos fiches pour mémoriser le sens ou l’orthographe d’un mot. Vous pouvez aussi utiliser de la couleur pour distinguer les genres, ou mettre en exergue l’étymologie d’un mot.

Comment utiliser votre boîte de Leitner ?

Attaquons la partie la plus compliquée, car elle demande de savoir lire un calendrier. Comment planifier vos révisions grâce à votre boîte de Leitner ?

La planification fonctionne sur un cycle de 64 jours, répété ad nauseam. Chaque jour a une liste de sections à réviser. Les sections de votre boîte sont numérotées de 1 à 7 correspondant à un intervalle de révision de plus en plus grand. Ainsi, les cartes dans la section 1 sont révisées tous les jours, alors que celles dans la section 7, tous les 64 jours seulement. Enfin, la section « Nouveau » contient les cartes en attente d’être apprises que vous avez créé en avance.

Préparation du planificateur

  1. Imprimez un calendrier annuel sur une seule page. Vous pouvez en créer un gratuitement sur parchance.fr, choisissez alors le format « calendrier vierge à remplir ».
  2. Numérotez chaque jour à partir de la date d’aujourd’hui de 1 à 64, puis continuez en repartant de 1 jusqu’à remplir l’année entière.
  3. Imprimez le planificateur, qui donne pour chaque jour du cycle les sections à réviser. Vous pouvez le télécharger au format PDF prêt pour impression, ou au format Word si vous souhaitez le modifier.
  4. Rangez le calendrier et le planificateur dans votre boîte de Leitner, en les collant par exemple sous le couvercle.
Behold! Le planificateur Leitner
Behold! Le planificateur Leitner

Déroulement d’une révision

Utilisez quotidiennement votre boîte de Leitner de la façon suivante :

  1. Regardez sur le calendrier à la date du jour le numéro correspondant, entre 1 et 64.
  2. Trouvez quelles sections vous devez réviser sur le planificateur, à partir du numéro.
  3. Révisez chaque carte de chaque section à réviser, puis en fonction du résultat :
      • Si vous avez échoué, alors retournez la carte dans la section 1.
      • Si la carte était difficile, laissez-la dans la section où elle était.
      • Si vous avez réussi, rangez la carte dans la section suivante.
      • Si la carte était dans la dernière section (7) et que la révision est réussie, vous pouvez choisir de l’enlever de la boîte en considérant qu’elle est acquise.
  4. S’il y a des cartes en attente dans la section « Nouveau », étudiez-en quelques-unes et mettez-les ensuite dans la section 1.
  5. Enfin, cochez la date du jour sur le calendrier et faites-vous une petite tape dans le dos si vous n’avez raté aucun jour. Dans le cas contraire, promettez-vous de ne pas rater plus d’un jour d’affilé. Pour vous encourager à pratiquer quotidiennement, mettez-vous au défi de créer une ligne de jours cochés la plus longue possible.

Vous voilà fin prêt(e) à affronter vos révisions avec votre boîte de Leitner. N’hésitez pas à poster en commentaire une photo de votre boîte personnalisée, et peut-être que dans quelque temps on organisera un concours de la boîte la plus moche.

Peut-on apprendre une langue en 3 mois ?

3 mois serait la période magique pour apprendre une langue étrangère, si l’on écoute certains vendeurs de méthodes de langues. Pourtant, je trouve que cette affirmation dessert terriblement les débutants qui se lancent dans l’aventure.

En ayant des attentes trop hautes par rapport aux résultats obtenus, on risque de finir complètement démotivé et par penser que les langues étrangères, c’est pas pour nous. J’en ai moi-même fait les frais en apprenant l’Allemand, après avoir constaté que mon niveau après 3 mois ne me permettait même pas d’entamer une conversation avec un allemand.

Le problème est que chacun a une définition différente de ce que veut dire « parler une langue ». Pour certains, il s’agit d’être presque aussi confortable qu’un locuteur natif. Alors que pour d’autres, de pouvoir parler de sujets connus, ou encore de lire un livre dans la langue cible.

À quoi peut-on s’attendre au bout de 3 mois ?

Si notre objectif est de pouvoir converser de manière relativement fluide sur des sujets connus, alors je pense qu’il est possible de parler une langue en 3 mois. Internet regorge d’exemples ayant atteint un tel niveau, tel que Benny Lewis du blog Fluent in 3 Months.

En revanche, pour les perfectionnistes, au bout de 3 mois notre grammaire sera profondément imparfaite et on fera de nombreuses erreurs. Mais parler au bout de 3 mois ne veut pas dire que l’on arrête de travailler après l’échéance ! Apprendre une langue est une tâche infinie, même dans sa langue maternelle.

Là où le bât blesse, c’est dans la compréhension orale. Malheureusement, comprendre la plupart des locuteurs natifs à leur rythme naturel demande énormément de pratique. Pour ma part, je trouve qu’il s’agit de la faculté la plus difficile à développer. Cela veut dire qu’on pourra discuter avec des natifs seulement s’ils sont suffisamment patients pour parler lentement. Et ce n’est pas si facile à trouver !

Comment parler une langue en 3 mois ?

Pour parvenir à ce résultat, il est alors primordial de planifier des objectifs clairs et délimités, par exemple en utilisant la méthode SMART. Voici quelques objectifs possible :

  • être capable de se présenter,
  • tenir une conversation de 10 minutes sur la culture du topinambour,
  • comprendre parfaitement un court épisode de podcast.

L’important étant d’être sélectif, et d’ignorer le vocabulaire qui ne sera pas utile dans un premier temps.

Si votre objectif est de vous débrouiller en conversation, alors il va falloir passer très rapidement aux conversations avec un locuteur natif. Vous n’en n’avez pas sous la main ? Que nenni ! Des dizaines de tuteurs vous attendent, prêts à discuter en visio-conférence à un prix abordable. Faites donc un tour sur l’excellent site iTalki.

J’ai attendu plus de 6 mois avant de parler, ne m’estimant pas assez bon. Ne faites pas la même erreur que moi, vous ne serez jamais assez prêt ! On a beau posséder un vocabulaire étendu, parler demande… de parler. Et beaucoup de pratique est nécessaire avant de s’exprimer avec fluidité.

Pour finir, il est primordial de dédier une bonne partie de sa journée à l’apprentissage de la langue. Si vous n’avez qu’une heure à consacrer aux langues par jour, alors les progrès seront lents et vous aurez besoin de bien plus que 3 mois.

Voici un aspect intéressant que j’ai remarqué dans mon apprentissage. En concentrant beaucoup plus d’effort et de temps sur une courte période, on fait beaucoup plus de progrès que si ce temps était réparti sur une période plus longue. En effet, baigner dans la langue est le meilleur moyen d’activer nos nouvelles connaissances et de faire des liens entre elles, ce qui facilite la rétention ainsi que l’usage.

Conclusion

Si c’est la première fois que vous apprenez une langue en autodidacte, revoyez alors vos objectifs à la baisse car vous devez d’abord apprendre à apprendre une langue. En effet, mettre en place de nouvelles habitudes et maîtriser les techniques d’apprentissage prend du temps.

Peut-on être à l’aise dans des conversations simples en 3 mois ? Certainement ! Mais cela demande de consacrer beaucoup de temps et de ciseler ses objectifs pour ne pas se perdre en chemin.

L’âge idéal pour apprendre une langue

Pourquoi les enfants sont-ils nuls en langues ?

Tordons le cou à une idée reçue, les enfants ne sont pas des aspirateurs à langue sur pattes. Imaginez-vous passer 6 ans en immersion totale avant de parler comme un type ivre. Puis le double pour atteindre un niveau correct mais avec un vocabulaire limité.

En combien de temps pensez-vous maîtriser une langue si vous étiez plongé dans un monde où vous entendez la langue en permanence ? Un monde où vous êtes entourés d’êtres étranges faisant 4 fois votre taille, qui vous parlent trèèès lentement et sautillent de joie à chaque nouveau mot appris. Alors, combien de temps vous faut-il pour parler couramment ?

Les enfants ne sont pas des éponges

Les enfants absorbent mieux la glace que les langues
Les enfants absorbent mieux la glace que les langues

Leur petit cerveau n’absorbe pas comme une éponge la première langue qu’on lui déverse. Mais à leur décharge, ils apprennent une langue à partir de rien. En effet, ils doivent d’abord comprendre tout un tas de concepts qui nous paraissent évidents, tels que les émotions, une carotte, le continuum espace-temps.

Prenons des enfants un peu plus âgés, qui ont une langue maternelle sur laquelle s’appuyer. Disons 12 ans, lorsqu’on apprend une seconde langue vivante à l’école. Est-ce que vous avez trouvé ça particulièrement facile ? Combien ont un mauvais niveau dans leur seconde langue, et aucun souvenir de leur troisième langue ?

De plus, les enfants n’ont pas une motivation forte pour apprendre plusieurs langues. Leur seul objectif est de se faire comprendre auprès de leur entourage. Cris et pleurs sont limités quand on souhaite faire part de notre anxiété sur des problèmes existentiels tels que « rend-moi mon nez ! ». Les parents souhaitant éduquer un enfant bilingue vous le diront, il est très difficile de les motiver à développer une seconde langue si tous leurs interlocuteurs savent parler la même langue. Un enfant n’a que faire de la culture ou des opportunités professionnelles que lui offre une seconde langue.

Les avantages de commencer à un jeune âge

Mais alors, pourquoi pense-t-on que les enfants sont si doués en langue ? Cette idée reçue ne sort pas de nul part. À priori, c’est seulement en apprenant une langue à un jeune âge que l’on devient « natif ». Les enfants ont plusieurs techniques redoutables pour ça.

Apprendre via l’écoute

Photo by Sai De SilvaTout d’abord, les enfants apprennent leur langue maternelle via l’oral, avant même de savoir lire et écrire. Cela force à se focaliser sur la prononciation. La façon conventionnelle d’apprendre une seconde langue est de se baser sur la lecture. Mais si la langue utilise le même alphabet que notre langue maternelle, alors on aura le réflexe de prononcer les mots en les lisant comme on le ferait pour celle-ci. Par exemple, le mot « aber » en allemand prononcé par un français donne « abeurre », alors que la prononciation correcte est plus proche de « aba ». Les mêmes groupes de lettres ne se prononcent pas de la même façon dans chaque langue.

Une ouïe universelle

Bien sûr, ça n’explique pas notre accent pour des langues qui ont un système d’écriture différent. Pour cela, un second problème entre en jeu. Un bébé naît avec une ouïe « universelle ». Il est capable de distinguer tous les sons que nous sommes capables de produire. Pendant sa première année, le cerveau va faire un travail statistique pour discriminer les sons, afin de distinguer plus facilement ceux de sa langue maternelle1.

Malheureusement, cela veut dire qu’il est très difficile de distinguer les sons d’une langue qui sont trop proches de notre langue. Par exemple, les japonais ont du mal à distinguer le « l » et le « r » en anglais. En effet, dans leur propre langue, ils ont un unique son qui se situe entre les deux. De plus, pour ces sons trop similaires, on va faire une approximation en les prononçant comme le son le plus proche que l’on maîtrise. Cela donne un accent typique. Par exemple, un français va prononcer en anglais « ship » (bâteau) comme « sheep » (mouton).

Apprendre une nouvelle langue à l’âge adulte

Les adultes sont doués pour se trouver des excuses pour laisser tomber ou même ne jamais commencer à apprendre une autre langue. Notre plus grand obstacle est avant tout le doute, car nous avons beaucoup d’avantages en tant qu’adulte.

Contrairement aux enfants, nous avons souvent un objectif précis pour apprendre une langue. Que ce soit pour découvrir une nouvelle culture, émigrer ou une opportunité professionnelle. En capitalisant sur ces objectifs, cela peut être un extraordinaire moteur pour notre motivation.

Le bagage linguistique d’un adulte

Nous avons également tout un bagage linguistique et culturelle, de part notre langue maternelle. C’est à la fois une aide précieuse et un frein pour la maîtrise d’une nouvelle langue.

En effet, c’est grâce à celui-ci que l’on peut apprendre une langue aussi vite, contrairement à un enfant qui a besoin d’une dizaine d’années. Nous sommes capables d’utiliser les structures grammaticales communes avec notre langue presque immédiatement. De plus, le vocabulaire est beaucoup plus simple à mémoriser puisque nous comprenons déjà le sens des concepts nommés.

Attention toutefois à l’écueil de se reposer trop sur ce bagage linguistique. On peut se servir de notre langue maternelle pour apprendre plus vite les notions d’une nouvelle langue, mais il ne faut pas s’en servir comme d’une béquille. Si l’on ne s’imprègne pas suffisamment de la langue, alors on passera notre temps à traduire les expressions de notre langue maternelle. Ce qui donne un phrasé d’étranger parfois incompréhensible pour les locuteurs natifs.

Avoir un bon accent à n’importe quel âge

En tant qu’adulte, parler avec un bon accent semble être impossible. Comme vu plus tôt, les adultes possèdent une ouïe qui ignore volontairement les subtilités des sons trop proches de notre langue. J’ai une bonne nouvelle toutefois. Il est possible pour un adulte de ré-entraîner son écoute pour distinguer les sons d’une nouvelle langue. Et ce, en utilisant la répétition espacée et les paires minimales pour se focaliser sur les différences. J’aurai l’occasion d’y revenir dans un autre article.

Un autre obstacle majeur que l’on rencontre lorsqu’on veut travailler son accent est cette désagréable impression de « jouer un rôle » ou de sonner bizarrement lorsqu’on imite les sons d’une nouvelle langue. Car notre langue maternelle et sa mélodie font partie intégrante de notre identité. Par conséquent, il faut du temps et de la pratique pour endosser le costume d’une nouvelle langue et s’y sentir à l’aise.

Y a-t-il un âge idéal pour apprendre une langue ?

Tout dépend de votre objectif… Si vous voulez devenir un natif d’une langue, alors il est probablement trop tard. D’après une étude conduite par le MIT, passé nos 10 ans, il est très difficile d’atteindre un niveau équivalent à un locuteur natif2.

Ce résultat ne doit pas vous décourager ! L’étude montre aussi qu’il est possible d’atteindre un excellent niveau en commençant bien plus tard. Et même si les enfants peuvent atteindre un niveau natif, les adultes sont plus rapides pour acquérir les bases d’un nouveau langage3. Il n’y a en fait pas d’âge maximum pour apprendre une langue. Et à condition de rester en bonne santé mentale – apprendre une nouvelle langue y contribue – nos capacités intellectuelles ne déclinent presque pas avec l’âge4.

En revanche, il existe des différences de performance entre les enfants et les adultes. Une étude menée sur l’effet de l’âge sur l’acquisition de la grammaire a mis en évidence qu’en vieillissant, nous avons plus de difficulté à maitriser de nouvelles structures grammaticales5. Mais les adultes sont avantagés pour acquérir du vocabulaire et savent utiliser un lexique plus varié.

Le temps joue toutefois contre nous. Atteindre un excellent niveau, proche d’un locuteur natif, demande de consacrer une énergie et un temps incroyable, la loi des rendements décroissants entrant en action. Alors qu’il faut peut-être consacrer 20% du temps total pour maîtriser 80% d’une langue, chaque avancée supplémentaire demandera un investissement exponentiellement plus long. Heureusement, maîtriser une langue à 100% ne sert la plupart du temps à rien. Il y a tant d’autres choses à faire, et de nouvelles langues à apprendre !

L’âge idéal, c’est maintenant

Vous pouvez passer toute votre vie à essayer de créer une machine à remonter le temps pour apprendre une langue comme un enfant. Ou alors, embrassez votre âge et rangez les excuses au placard. Le meilleur moment pour apprendre une langue, c’est maintenant.

Les enfants et les adultes n’apprennent pas une langue de la même façon. Les enfants apprennent lentement, de manière plus organique et naïve, mais atteignent un niveau de locuteur natif. Quant aux adultes, ils apprennent de manière systématique en utilisant leur intellect.

Les allemands avaient raison, le vocabulaire est un trésor à chérir
Les allemands avaient raison, le vocabulaire est un chatrésor à chérir

En apprenant le mot « Wortschatz » (vocabulaire) en allemand, j’ai tout de suite remarqué qu’il était composé de « Wort » (mot) et « Schatz » (trésor). Ce qui m’a permis de retenir ce mot plus facilement. Trouvant ça très poétique, j’en ai fait part à une amie allemande. Celle-ci n’avait jamais fait le rapprochement. C’est la différence entre un enfant qui apprend sa langue maternelle par exposition répétée, et un adulte qui utilise son intellect pour mémoriser la langue.

Quoi qu’il en soit, il est inutile de se focaliser sur notre âge comme excuse à la première difficulté rencontrée pendant notre apprentissage. Apprendre une langue est un travail de longue haleine et est difficile pour tout le monde. Célébrez plutôt votre capacité à approcher une langue avec un regard neuf d’adulte, puis partagez vos découvertes avec des locuteurs natifs qui seront toujours heureux de redécouvrir leur propre langue.

5 erreurs à éviter avec vos cartes de vocabulaire (SRS)

Photo by chuttersnap

Vous n’utilisez pas encore de logiciel de répétition espacée pour mémoriser votre vocabulaire ? Alors rendez-vous sur mon article pour découvrir comment ne plus oublier votre vocabulaire.

Dans le cas contraire, vous demandez-vous si cette méthode est vraiment efficace ? Vous avez beau avoir ajouté des centaines de cartes à votre logiciel, les mots ne semblent jamais en sortir pour visiter le monde réel ?

Alors vous faites peut-être une de ces erreurs classiques. Lisez attentivement pour ne pas voir vos efforts réduits à néant.

Apprendre un mot sans contexte

Les mots ne sont pas des pièces de légos indépendantes, avec une traduction directe pour chaque langage. Chaque mot dans une langue possède un ou plusieurs sens subtiles.

De plus, il est important d’apprendre un mot avec ses collocations, ces mots qui sont souvent utilisés ensemble. Par exemple, une « addition salée » est bien plus naturel qu’une « addition chère ».

Rien de mieux alors que d’apprendre un mot dans le contexte d’une phrase plutôt que d’apprendre un simple couple mot/traduction. Idéalement, la phrase devrait contenir une collocation courante. En bonus, apprendre avec des phrases plutôt que des mots seuls permet aussi de s’imprégner de la grammaire !

Voici quelques outils pour trouver une phrase d’exemple pour un mot :

  • Tatoeba est une excellente collection de phrases avec leur traduction dans de nombreuses langues,
  • Reverso Context offre de nombreuses phrases d’exemple pour un mot, dont beaucoup sont tirées de sous-titres de films et séries TV,
  • Linguee tire ses exemples d’un corpus un peu plus technique, mais offre également d’excellentes phrases avec collocations pour les mots courants,
  • ou tout bêtement, la phrase dans laquelle vous avez rencontré le mot pour la première fois.

Ne pas utiliser d’enregistrement audio

Les cartes mémoires ne servent pas qu’à apprendre le sens d’un mot. Elles sont aussi très efficaces pour mémoriser la prononciation d’un mot. Ajoutez simplement un enregistrement audio d’un locuteur natif à vos cartes. Ou à défaut, utilisez une prononciation artificielle si votre SRS supporte la synthèse vocale.

Le simple fait d’écouter régulièrement ce mot pendant vos révisions vous aidera à le reconnaître plus facilement, mais également à le prononcer correctement. Apprendre un mot avec sa prononciation est crucial pour certaines langues comme l’anglais, dont la façon dont il s’écrit vous donne très peu d’indices sur comment le prononcer.

Pour trouver un enregistrement d’un locuteur natif, vous pouvez utiliser l’excellent site Forvo. Après avoir créé un compte gratuit, Forvo vous permet de télécharger les enregistrements d’un mot pour les ajouter à vos cartes.

Sauter l’étape d’apprentissage

Le rôle d’un SRS est avant tout de faciliter la révision. Avant d’ajouter un mot dans vos cartes, il faut d’abord le comprendre. Prenez un peu de temps pour étudier le mot :

  • Quelle est son étymologie ? Connaissez-vous d’autres mots ayant la même racine ?
  • Connaissez-vous des synonymes ou antonymes ?
  • Cherchez quelques phrases d’exemples pour voir dans quel contexte l’utiliser. Remarquez-vous quelques collocations ?

Enfin, pour les mots difficiles à mémoriser, vous pouvez utiliser des moyens mnémotechniques pour mémoriser la prononciation ou l’orthographe.

Utiliser des jeux de cartes pré-faites

La plupart des logiciels de répétition espacée proposent un catalogue de jeux de cartes pré-faites, parfois contribués par la communauté. Ces cartes peuvent être intéressantes pour démarrer rapidement. Par exemple, pour apprendre les 200 mots les plus fréquents dans la langue. En revanche, je vous conseille d’éviter comme la peste ceux contenant plus de 500 mots.

En effet, la plupart sont basés sur des listes de fréquence dont le corpus ne correspond pas forcément à vos besoins. Par exemple, les mots peuvent être classés par fréquence d’apparition dans la littérature classique. Ce qui est rarement pertinent quand on cherche juste à soutirer la recette du goulasch à un chef d’un petit resto hongrois en le flattant dans sa propre langue.

Mais le plus important est que faire vos cartes vous-même augmente vos chances de mémorisation, car vous avez une connexion émotionnelle plus forte. C’est par exemple le cas si vous avez trouvé ce mot ou cette expression dans une conversation avec un tuteur, ou dans un livre que vous lisez. Et puisque vous avez trouvé ce vocabulaire dans un contexte réel, vous avez une meilleure intuition sur son utilisation. Avoir un rapport plus personnel avec les mots que vous apprenez est le meilleur moyen de les retenir.

Passer tout son temps de pratique sur son SRS (Duolingo et consorts inclus)

Mémoriser son vocabulaire avec les cartes mémoires peut être si simple et agréable, qu’il est tentant de ne faire que ça comme pratique quotidienne. Grave erreur !

Un SRS n’entretient qu’une vision limitée du vocabulaire. Pour vraiment développer son intuition sur l’usage d’un mot, et espérer le faire passer dans notre vocabulaire actif, il faut rencontrer les mots dans de nombreux contextes différents.

Vous devez donc interagir avec la langue avec de vraies ressources : conversations, livres, vidéos, etc. C’est également un excellent moyen de découvrir de nouveaux mots à ajouter à vos cartes.

Alors si vous passez plus de la moitié de votre temps d’étude sur votre SRS, revoyez vos priorités. Pour ma part, j’essaye de ne pas y passer plus de 20 à 30 minutes par jour.

Comment ne plus oublier son vocabulaire ?

Photo by Glenn Carstens-Peters

C’est énervant, pas vrai ? Passer des heures à relire des listes de mots pour se rendre compte qu’ils nous filent entre les synapses. Si seulement il existait un moyen de ne plus oublier notre vocabulaire, sans relire les dizaines de listes de mots qui s’accumulent au fil des mois… C’est possible, grâce aux logiciels de répétition espacée !

Si vous utilisez encore des listes ou un carnet de vocabulaire, ne passez pas à côté de cet outil ultra efficace que je dévoile dans cet article.

Le vocabulaire doit être votre priorité numéro un

Si votre langue ressemble à ça, alors vous êtes dans une dimension parallèle.

Dans l’apprentissage d’une langue, le vocabulaire est le nerf de la guerre. En effet, il faut connaître près de 500 à 800 mots pour baragouiner, et plusieurs milliers pour parler couramment. Acquérir du vocabulaire de manière efficace est donc la tâche principale qui nous incombe, en tant qu’apprenant.

Une bonne maîtrise de la grammaire sans vocabulaire, c’est un peu comme un cône sans boule de glace. C’est insipide et ça ne sert à rien.

Le chemin chaotique d’un mot dans notre mémoire

Un mot transite par deux stades dans notre mémoire : passif, puis actif. Puis encore passif, puis on l’oublie, puis de nouveau actif. Quoi ? Vous pensiez que c’était aussi simple ? Oublier fait partie du jeu, il faut l’accepter pour ne pas se décourager. Apprendre une langue, c’est redécouvrir éternellement ces mêmes mots et expressions qui ne veulent pas rentrer. Mais à chaque rencontre, les contours de la langue se dessinent plus précisément.

Le vocabulaire passif est composé des mots que l’on comprend quand on les rencontre. Quant au vocabulaire actif, il s’agit des mots que l’on est capable d’utiliser spontanément en parlant ou à l’écrit. Bien sûr, il est beaucoup plus difficile de développer son vocabulaire actif. Cela demande beaucoup de pratique de l’expression écrite et orale.

 

La Marmite n’a rien de plus à offrir à ceux qui ont déjà goûté le bitume.

Lorsqu’on débute une langue, il est important d’acquérir rapidement un vocabulaire passif. En effet, c’est seulement après avoir atteint une masse critique de mots que l’on est capable de lire ou d’écouter de vraies ressources dans la langue cible. C’est la différence entre rester avec Brian dans la kitchen à manger des pancakes à la Marmite, et enfin pouvoir relire ce roman de vampires dont vous avez honte, que vous avez dévoré étant ado. Allez-y, on ne vous jugera pas. Surtout si la couverture est en russe.

 

Mais comment mémoriser tout ce vocabulaire ? Et surtout, ne pas l’oublier après quelques mois ? Dans cet article, nous allons voir une manière efficace de remplir notre vocabulaire passif.

L’échec des méthodes traditionnelles d’acquisition du vocabulaire

Les méthodes classiques sont terriblement inefficaces. Malheureusement, ce sont celles qu’on utilise souvent dans les cours de langue.

Liste de mots

Relire régulièrement des listes de mots est une perte de temps, car on revoit autant les mots faciles que les mots difficiles, puisque tout est sur la même liste. De plus, il faut une bonne organisation pour réviser les fiches qui s’accumulent. On finit en général par oublier nos vieilles fiches dans un tiroir, et les mots avec.

On trouve souvent sur les listes de vocabulaire des mots sans aucun contexte, avec juste une traduction littérale. C’est dommage, car le contexte permet de développer son intuition sur l’utilisation et le sens réel d’un mot, dont la traduction est toujours approximative. En effet, à part pour les noms d’objets physiques, deux mots dans deux langues différentes ont rarement une relation directe. Apprendre un mot et sa traduction comme un couple est le meilleur moyen d’avoir un phrasé étrange, composé d’expressions traduites littéralement à partir du français.

Lire beaucoup, sans effort de mémorisation

C’est la méthode avec laquelle j’ai atteint un excellent niveau en anglais. Mais cela m’a pris plus de dix ans !

Apprendre de nouveaux mots en lisant (beaucoup) est relativement efficace. Il suffit de consulter la définition des mots qui empêchent la compréhension, sans forcément faire d’effort pour les mémoriser. Cette approche holistique est intéressante, car elle permet de développer une réelle intuition sur l’usage des mots et leurs collocations – mots qui vont bien ensemble, p. ex. « argument bidon ». Elle offre aussi l’avantage de se familiariser avec la grammaire.

Il est plus facile de mémoriser naturellement les mots les plus importants en lisant, car leur fréquence d’apparition est plus élevée. Mais si un mot est rare, il est alors très difficile de le mémoriser. La lecture est dans tous les cas un outil indispensable pour améliorer la qualité de notre langue.

La solution scientifiquement prouvée

Heureusement, il existe un moyen beaucoup plus efficace de retenir son vocabulaire, tout en enlevant le fardeau d’organisation des révisions. Il s’agit des logiciels de répétition espacée – ou SRS pour Spaced Repetition Softwares.

Un peu d’histoire

Le principe de la répétition espacée n’est pas nouveau et est relativement simple. Il s’appuie sur les travaux en psychologie cognitive d’Hermann Ebbinghaus sur l’effet d’espacement sur la mémorisation.

En 1885, il mit en évidence que nous oublions continuellement ce que nous apprenons, en suivant une courbe prédictible. Là où cela devient intéressant, c’est qu’en révisant une information peu avant de l’oublier, nous consolidons celle-ci dans notre mémoire pour bien plus longtemps.

Courbe de l'oubli du vocabulaire

Un logiciel SRS s’appuie sur cette découverte pour déterminer quel est le moment optimal pour réviser, afin d’optimiser la rétention. Il permet également d’éviter de perdre du temps en révisant trop souvent les informations bien mémorisées.

Dans le cadre du vocabulaire, cela se présente sous la forme de cartes avec un recto « question » et un verso « réponse », sur lesquelles nous pouvons placer diverses informations à retenir. Par exemple, vous pouvez utiliser une carte pour mémoriser le sens, la prononciation ou encore l’orthographe d’un mot.

Utiliser un SRS offre donc un avantage considérable sur les listes de mots, puisqu’on n’oubliera plus de réviser les mots ajoutés il y a longtemps. Le logiciel déterminant seul quand réviser un mot, nous n’avons plus besoin de planifier nos révisions.

Quel logiciel de répétition espacée utiliser ?

Il existe de nombreux SRS gratuits, lequel choisir ? Selon moi, deux se détachent du lot et répondent à la plupart des besoins.

Anki, pour polyglotte aguerri

Le plus avancé est certainement Anki, car il permet de créer des cartes complètement configurables. Malheureusement, il est compliqué à utiliser. En particulier si vous n’êtes pas geek dans l’âme. De plus, il demande beaucoup de travail manuel pour entrer de nouveaux mots, si vous décidez de faire des fiches très complètes. Prenez garde si vous êtes perfectionniste, Anki ne va pas aider votre TOC. J’en ai fait les frais !

Anki est disponible gratuitement sur la plupart des systèmes d’exploitation, y compris sur tablettes. Petite particularité sur iOS : le logiciel est payant, et même assez cher.

Il est également possible de synchroniser ses cartes entre plusieurs appareils, en créant un compte gratuit sur AnkiWeb.

Memrise, pour démarrer en douceur

Memrise est convivial – si on aime le sucre – et bien plus facile à utiliser qu’Anki. Je le recommande donc pour débuter avec les logiciels de répétition espacée. L’application est disponible sur presque toutes les plateformes mobiles, ainsi qu’en version web.

Un catalogue de cartes pré-faites de qualité est disponible pour les débutants, mais vous pouvez aussi ajouter vos propres mots. Ce qui est rapidement indispensable.

Le point fort de Memrise à mon sens est qu’il est très facile d’ajouter des enregistrements audio à vos cartes. C’est un atout indispensable pour pratiquer la prononciation. De plus, Memrise offre un catalogue de prononciations pré-enregistrées par des natifs pour les mots les plus communs de certaines langues.

La répétition espacée, à la main

Que vous aimiez respirer l’odeur du papier à pleine narine, ou que vous portiez une combinaison en aluminium à cause des ondes WiFi qui vous provoquent de l’urticaire, j’ai une bonne nouvelle pour vous. Il est possible d’appliquer les principes de la répétition espacée à vos propres cartes mémoires faites-main.

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Je ne le conseille pas cependant ! Cela demande plus de préparation et de temps. En outre, à moins de dresser un perroquet pour reconnaître et prononcer le mot de chaque carte, vous ne pourrez pas pratiquer la prononciation.

Si toutefois l’idée vous enchante, et que votre bullet journal ne suffit plus à canaliser vos envies DIY, consultez mon tutorial pour fabriquer votre propre boîte de Leitner qui implémente un système de répétition espacée manuel.

N’oubliez plus votre vocabulaire

Pour mémoriser du vocabulaire sur le long terme, le moyen le plus efficace est d’utiliser un logiciel de répétition espacée (SRS). En planifiant automatiquement les révisions, il vous permet de vous focaliser sur l’acquisition de nouveaux mots. Et ce, tout en s’assurant que les anciens ne seront pas laissés-pour-compte.

Attention toutefois à éviter l’écueil classique qui est de consacrer tout votre temps d’apprentissage à réviser vos cartes mémoires. Un contact quotidien avec de vraies sources (livres, vidéos, etc.) est essentiel pour développer une intuition sur l’usage des mots. Mais avec une pratique équilibrée, votre SRS deviendra un de vos meilleurs alliés dans votre apprentissage.

Alors avant de retourner regarder des vidéos ASMR sur YouTube, faites un choix : Anki ou Memrise. Installez-le, puis ajoutez vos premiers mots.

Et pour aller plus loin, ne manquez pas mon article sur les 5 erreurs classiques à ne pas faire avec vos cartes de vocabulaire.