5 erreurs à éviter avec vos cartes de vocabulaire (SRS)

Vous n’utilisez pas encore de logiciel de répétition espacée pour mémoriser votre vocabulaire ? Alors rendez-vous sur mon article pour découvrir comment ne plus oublier votre vocabulaire.

Dans le cas contraire, vous demandez-vous si cette méthode est vraiment efficace ? Vous avez beau avoir ajouté des centaines de cartes à votre logiciel, les mots ne semblent jamais en sortir pour visiter le monde réel ?

Alors vous faites peut-être une de ces erreurs classiques. Lisez attentivement pour ne pas voir vos efforts réduits à néant.

Apprendre un mot sans contexte

Les mots ne sont pas des pièces de légos indépendantes, avec une traduction directe pour chaque langage. Chaque mot dans une langue possède un ou plusieurs sens subtiles.

De plus, il est important d’apprendre un mot avec ses collocations, ces mots qui sont souvent utilisés ensemble. Par exemple, une « addition salée » est bien plus naturel qu’une « addition chère ».

Rien de mieux alors que d’apprendre un mot dans le contexte d’une phrase plutôt que d’apprendre un simple couple mot/traduction. Idéalement, la phrase devrait contenir une collocation courante. En bonus, apprendre avec des phrases plutôt que des mots seuls permet aussi de s’imprégner de la grammaire !

Voici quelques outils pour trouver une phrase d’exemple pour un mot :

  • Tatoeba est une excellente collection de phrases avec leur traduction dans de nombreuses langues,
  • Reverso Context offre de nombreuses phrases d’exemple pour un mot, dont beaucoup sont tirées de sous-titres de films et séries TV,
  • Linguee tire ses exemples d’un corpus un peu plus technique, mais offre également d’excellentes phrases avec collocations pour les mots courants,
  • ou tout bêtement, la phrase dans laquelle vous avez rencontré le mot pour la première fois.

Ne pas utiliser d’enregistrement audio

Les cartes mémoires ne servent pas qu’à apprendre le sens d’un mot. Elles sont aussi très efficaces pour mémoriser la prononciation d’un mot. Ajoutez simplement un enregistrement audio d’un locuteur natif à vos cartes. Ou à défaut, utilisez une prononciation artificielle si votre SRS supporte la synthèse vocale.

Le simple fait d’écouter régulièrement ce mot pendant vos révisions vous aidera à le reconnaître plus facilement, mais également à le prononcer correctement. Apprendre un mot avec sa prononciation est crucial pour certaines langues comme l’anglais, dont la façon dont il s’écrit vous donne très peu d’indices sur comment le prononcer.

Pour trouver un enregistrement d’un locuteur natif, vous pouvez utiliser l’excellent site Forvo. Après avoir créé un compte gratuit, Forvo vous permet de télécharger les enregistrements d’un mot pour les ajouter à vos cartes.

Sauter l’étape d’apprentissage

Le rôle d’un SRS est avant tout de faciliter la révision. Avant d’ajouter un mot dans vos cartes, il faut d’abord le comprendre. Prenez un peu de temps pour étudier le mot :

  • Quelle est son étymologie ? Connaissez-vous d’autres mots ayant la même racine ?
  • Connaissez-vous des synonymes ou antonymes ?
  • Cherchez quelques phrases d’exemples pour voir dans quel contexte l’utiliser. Remarquez-vous quelques collocations ?

Enfin, pour les mots difficiles à mémoriser, vous pouvez utiliser des moyens mnémotechniques pour mémoriser la prononciation ou l’orthographe.

Utiliser des jeux de cartes pré-faites

La plupart des logiciels de répétition espacée proposent un catalogue de jeux de cartes pré-faites, parfois contribués par la communauté. Ces cartes peuvent être intéressantes pour démarrer rapidement. Par exemple, pour apprendre les 200 mots les plus fréquents dans la langue. En revanche, je vous conseille d’éviter comme la peste ceux contenant plus de 500 mots.

En effet, la plupart sont basés sur des listes de fréquence dont le corpus ne correspond pas forcément à vos besoins. Par exemple, les mots peuvent être classés par fréquence d’apparition dans la littérature classique. Ce qui est rarement pertinent quand on cherche juste à soutirer la recette du goulasch à un chef d’un petit resto hongrois en le flattant dans sa propre langue.

Mais le plus important est que faire vos cartes vous-même augmente vos chances de mémorisation, car vous avez une connexion émotionnelle plus forte. C’est par exemple le cas si vous avez trouvé ce mot ou cette expression dans une conversation avec un tuteur, ou dans un livre que vous lisez. Et puisque vous avez trouvé ce vocabulaire dans un contexte réel, vous avez une meilleure intuition sur son utilisation. Avoir un rapport plus personnel avec les mots que vous apprenez est le meilleur moyen de les retenir.

Passer tout son temps de pratique sur son SRS (Duolingo et consorts inclus)

Mémoriser son vocabulaire avec les cartes mémoires peut être si simple et agréable, qu’il est tentant de ne faire que ça comme pratique quotidienne. Grave erreur !

Un SRS n’entretient qu’une vision limitée du vocabulaire. Pour vraiment développer son intuition sur l’usage d’un mot, et espérer le faire passer dans notre vocabulaire actif, il faut rencontrer les mots dans de nombreux contextes différents.

Vous devez donc interagir avec la langue avec de vraies ressources : conversations, livres, vidéos, etc. C’est également un excellent moyen de découvrir de nouveaux mots à ajouter à vos cartes.

Alors si vous passez plus de la moitié de votre temps d’étude sur votre SRS, revoyez vos priorités. Pour ma part, j’essaye de ne pas y passer plus de 20 à 30 minutes par jour.

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