Mon défi anti-procrastination

Août 2017, me voilà fraîchement débarqué à Berlin. Alors qu’un ami m’héberge, l’objectif de la semaine est de trouver mon propre chez moi pour enfin débuter ma vie berlinoise.

Les mains moites, je m’apprête à appeler une agence allemande pour visiter un appartement. Après deux mois passés à imiter le chat qui siffle pour prononcer « ich » correctement, je suis relativement confiant. Devant moi, se trouve une petite fiche avec les dates et les heures en allemand, ainsi que quelques formules de politesse. J’ai fait ça bien.

Prenant mon courage et le téléphone à deux mains, je compose le numéro qui s’affiche sur l’annonce. Après trois bips interminables, quelqu’un finit par décrocher : « Achso? Nein nein, wir raten zu einem Schmetterlingssaft. »

Je n’ai rien compris !

« Merde, ce type venait sûrement de Bavière » me dis-je, avant de raccrocher. Ne faisant ni une ni deux, j’appelle une seconde agence. Ce fut pire : « 谷歌翻译,认真吗? ». La froide réalité perla alors sur mon front : apprendre l’allemand ne se fera pas en tapant des doigts contrairement à ce que m’a dit tonton Duolingo.

Moi-même, ambassadeur de la mode française dans un lieu faussement squatté pour hipsters

Le point commun entre Elon Musk et moi

Un an plus tard, je suis toujours à Berlin. Je dois reconnaître que je n’ai pas atteint le niveau d’allemand que j’espérais. Certes, je suis capable de lire un bon vieux Heinrich Potter, si j’ignore la moitié des mots. Ou encore de suivre un soap-opera si je mets en vitesse x0.25 sur YouTube. Mais quand j’entame une discussion, seuls des gargouillis sortent de ma bouche. Et lorsque l’on me répond, c’est un tsunami de sons étranges qui déferle dans mes oreilles et leur fait boire la tasse.

Car voilà, j’ai procrastiné. Après un an, je suis devenu un expert en techniques d’apprentissage de langue, mais pas en allemand ! Cas typique de procrastination « intelligente ». Imaginez, c’est un peu comme si Elon Musk avait lu un bouquin d’astrophysique pour éviter de travailler sur son site PayPal. Sauf que moi, j’ai appris à créer des cartes de vocabulaire et à faire des sons bizarres avec ma bouche. Ce qui est toutefois 100 fois plus divertissant en soirée que de parler de biosphériser une autre planète, booooring.

Vivre à l’étranger n’est pas le remède miracle

On fantasme beaucoup sur l’apprentissage d’une langue à l’étranger, « la meilleure façon d’apprendre ». Pourtant, je ne compte plus le nombre d’expats que j’ai croisé qui bafouillaient en allemand, après avoir passé parfois plus de 5 ans en Allemagne !

Il ne faut pas sous-estimer notre remarquable agilité à rester dans notre confort. En effet, il est possible de vivoter sans parler la langue de notre pays d’accueil. Il suffit de rester confortablement dans la fameuse bulle d’expats, où l’on ne rencontre que des expats et ne communique qu’avec des expats…

Je veux percer cette bulle. Y en a marre d’être en sueur en allant acheter mon Bretzel le matin, ou quand le caissier du Supermarkt me demande si j’ai une soirée romantique parce que j’achète un lot de 24 bougies – les hivers sont rudes, okay ? Et surtout, je veux rencontrer et parler avec des Allemands dans leur propre langue.

« Quoi, tu dis qu’on peut manger trois fois plus à Berlin pour le même prix qu’à Paris ? »

Le défi que je relève

C’est pourquoi je me lance un défi. Je m’engage publiquement à atteindre ce satané niveau B2 en allemand, dans 6 mois. La conclusion de ce défi sera donc le 8 janvier 2019.

Et plus particulièrement, mon objectif est de pouvoir tenir une conversation sur des sujets familiers, sans devoir changer de t-shirt au bout de 10 minutes. Mais surtout, d’enfin comprendre les locuteurs natifs sans leur demander de répéter 50 fois, « langsamer bitte ».

Pour aborder cet objectif, ma stratégie sera de :

  • pratiquer régulièrement la conversation sur iTalki avec un tuteur natif,
  • écouter quotidiennement la langue, via des vidéos YouTube,
  • focaliser mon vocabulaire sur les sujets de conversation fréquents ou qui m’intéressent.

Si vous souhaitez me suivre dans cette aventure, abonnez-vous à la newsletter du blog. Je partagerai les techniques que j’utilise et mon avancée dans ce défi. Los geht’s!

Apprendre une langue, ça s’apprend

Photo by Dmitry Ratushny

Qui n’a jamais été en admiration devant un polyglotte qui maîtrise six langues avec une facilité déconcertante, et en apprend une septième en deux mois ? C’est sûr, il a un don ! Alors que moi, six, c’est plutôt la note que j’ai eu à mon bac d’Italien…

Et pourtant, la seule chose qui nous sépare est une méthode rodée et de solides habitudes.

Démystifions les polyglottes

Car plus on connaît de langues, plus il est facile d’en apprendre de nouvelles. En effet, on a déjà  les techniques et les habitudes en place. Et avec un peu de chance, notre langue cible fait même partie d’une famille de langues qui nous est familière, ce qui facilite l’assimilation de la grammaire ou du vocabulaire grâce aux mots apparentés.

Un polyglotte n’abandonne pas durant les traversées du désert, car même si son niveau semble stagner, il sait que la maîtrise de la langue est à l’horizon.

Je ne suis pas polyglotte. Mais il y a moins d’un an, je suis débarqué en Allemagne et ai du me confronter à la langue locale, dont je n’avais absolument aucune notion — team anglais-italien oblige. Après m’être égaré pendant quelques mois, je me suis formé à l’apprentissage des langues. C’est une véritable passion que j’ai découvert !

Sur ce blog, je partagerai avec vous mes découvertes, mes échecs et surtout  les techniques et outils modernes que j’utilise pour apprendre l’Allemand. Ensemble, on déracinera les mythes et idées fausses qui ont poussé dans notre esprit, après des années d’échecs scolaires en langues.

Sans méthode, on va droit dans le mur

On a tendance à surestimer la difficulté d’apprentissage d’une langue, car peu parviennent à atteindre un bon niveau. Mais apprendre une langue, c’est avant tout un marathon. On ne s’y attaque pas sans préparation. Heureusement, pas besoin de parler comme un natif pour prendre plaisir à utiliser sa nouvelle langue. Voir son niveau progresser au fil des mois est même addictif, à condition de se fixer des objectifs clairs !

Une langue étrangère ne s’apprend plus comme il y a 20 ans sur les bancs de l’école. Fini d’apprendre par cœur les listes de verbes irréguliers ou de vocabulaire inutile (fruits, animaux). Après plusieurs mois en Allemagne, je ne connais toujours pas la traduction de “poire”. Je n’en ai jamais eu besoin pour en acheter !

À la place, j’ai une approche holistique et utilise des :

  • histoires haletantes avec une difficulté croissante,
  • ressources (livres, vidéos, podcasts, etc.) que je consommerais dans ma propre langue, tellement c’est intéressant,
  • conversations en visio-conférence avec des locuteurs natifs pour guider mes besoins en terme d’expression

Apprendre en autodidacte

Que vous suiviez des cours en groupe ou que vous soyez autodidacte, pour progresser vous allez devoir passer beaucoup d’heures seul avec la langue. Prendre en main votre apprentissage, c’est le meilleur moyen d’atteindre votre but.

Cela tombe bien, nous vivons dans une période idéale pour apprendre une langue par soi-même. En effet, nous avons accès à pléthore de ressources gratuites et il y a des centaines d’applications dédiées à l’apprentissage. De plus, il est très facile de trouver une tutrice ou un correspondant natif avec lesquelles discuter en visio-conférence.

Avec toutes ces possibilités, il est facile de se perdre en changeant de méthode toutes les semaines. Ou pire, de rester paralysé par le choix. Comprendre la façon dont une langue fait son nid dans notre cerveau aide à choisir les bonnes ressources, grâce auxquelles nous aussi on pourra alors prétendre au titre de polyglotte.